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Alfred Vierling » en français » Sissi ,le Président de l’Egypte se rend á la Cathédrale évoquant la civilisation pré-islamique.

Sissi ,le Président de l’Egypte se rend á la Cathédrale évoquant la civilisation pré-islamique.

Quand le président Sissi en appelle à l’amour
Le 6 janvier 2015, le président de l’Egypte a fait lui-même sa révolution théologique en se rendant à la messe de Noël copte, à la cathédrale Saint-Marc.
Elise Elisseievna
Auteur, militante féministe
Membre du CNDF (Collectif national pour les droits des femmes), du CERF (Cercle d’Etudes de réformes féministes)

L’Histoire marche au rythme du Chat botté en Égypte. Après une énième révolution dont Nonie Darwish explique, dans son livre The Evil We Don’t Know, qu’elles sont congénitales aux régimes islamiques, l’Égypte renversait en 2013 le gouvernement des Frères musulmans par une manifestation monstre de 12 à 13 millions de personnes. L’année suivante, en 2014, le président Sissi demandait à l’université al-Azhar une « révolution religieuse », invoquant Dieu et le danger menaçant la Oumma elle-même : « Comment est-il possible que 1,6 milliard de personnes tueraient le monde entier (7 milliards de personnes) pour être capables de vivre : ce n’est pas possible […]. Nous avons besoin d’une révolution religieuse, révérend imam, vous êtes responsable devant Dieu […]. Le monde entier l’attend de vous, parce que la Oumma est en cours de destruction et sa perdition est faite par nos propres mains, nous la perdons. »

sisikopte

L’appel du maréchal Sissi me paraissait bien illusoire. Comme était illusoire la confiance de Sadate dans son œuvre de paix. Nonie Darwish donne la clef de compréhension de la fragilité des dirigeants les plus libéraux : ils sont coupables, selon l’islam, de ne pas remplir le devoir de djihad. Pire : d’entraîner les musulmans placés sous leur autorité à y renoncer. Ils doivent donc être renversés et punis de mort. Tel fut le sort d’Anouar el-Sadate. Ainsi finira peut-être Abdel Fattah al-Sissi… sauf si…

Le 6 janvier 2016, le président de l’Égypte a fait lui-même sa révolution théologique en se rendant à la messe de Noël copte, à la cathédrale Saint-Marc.

Les médias d’Occident ont retenu son appel à nommer tous les Égyptiens des « Égyptiens » sans distinction de religion. Mais les propos véritablement révolutionnaires sont : « Nous allons nous aimer les uns les autres, nous allons nous aimer dans le bien, nous allons nous aimer réellement. […] Saint Pape, je vous souhaite une bonne fête. »

Il est révolutionnaire, pour un musulman, de reconnaître et souhaiter une fête religieuse d’une autre religion, d’appeler à l’amour pour des personnes d’une autre religion, car le Coran, la loi islamique affirment qu’il n’y a qu’une seule religion et qu’il n’y a pas d’amitié possible envers les non-musulmans.

Le début de son discours indique sa justification : « L’Égypte a, depuis des millénaires, enseigné la civilisation au monde. Je veux vous dire que le monde, maintenant, attend de l’Égypte… »

C’est bien à la civilisation anté-islamique que le président de l’Égypte en appelle, l’Égypte des pharaons, l’Égypte chrétienne avant la conquête islamique.

Le maréchal Sissi semble ne plus attendre de réponse d’al-Azhar. Il se tourne vers la « loi » chrétienne « aimez-vous », en appelle à l’histoire, notamment chrétienne, de l’Égypte. Il sera assassiné… sauf si la grande conversion/apostasie, que j’espère, commence en Égypte.

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